Interview: Photographer Julien Zarka (France)

Parlez-moi de vous

Je suis un photomaniaque ! Je ne pense qu’à ça !  Plus sérieusement, je suis un photographe Lyonnais. Avec le paysage je travaillais principalement la photo d’archi et les scènes de rues. Je n’osais pas contacter de modèles, les faire entrer dans mon imaginaire. Il y a bientôt six ans l’une d’entre elle m’a contacté pourtant et m’a fait confiance pour une première qui aura été malgré beaucoup d’hésitations et de maladresses une véritable révélation.

 

Comment et quand avez-vous commencé la photo ?

C’est mon père qui m’a initié très tôt. Je devais avoir 6 ou 7 ans sur son Voigtlander Vito C. La technique et la liberté que cela offrait je les lui dois. A 10 ans il m’a offert mon premier appareil, un Zenit 122 qui m’a valu une colère mémorable de sa part quant au prix qu’aura coûté ma première pellicule sur les poubelles de ma rue ! Lycéen j’ai créé un club photo et monté  ma première expo. La photo est ensuite restée un hobby très discret et secret. J’ai donc appris la chimie de l’image par l’argentique avant de redécouvrir la photo et ses libertés il y a 8 ans avec le numérique.

 

Quel est votre but dans la photographie ?

Je ne sais pas vraiment quel est mon but en fait. J’ai toujours eu envie de raconter des histoires. Il y a eu d’abord l’écriture, la peinture… Puis la photo a pris toute la place. Témoigner parfois d’une réalité saisie au gré d’une promenade et parfois mettre en scène un rêve, une émotion, une couleur au fond de moi. Aussi me raconter moi-même. Passeur d’émotions.

 

Que représente pour vous la photographie ?

J’en parlais il y a peu encore avec une amie, la photo, c’est mon air, mon souffle, ce qui me tient en vie au cœur du bête quotidien. Une respiration intime. C’est aussi une thérapie évidente à ma timidité et mes doutes. C’est une porte ouverte sur les autres, artistes ou spectateurs.

 

Est-ce que vous préparez vos images à l’avance ?

Je pense photo en permanence. C’est une manière de préparer des séances. Plus précisément  je prépare les lignes directrices ou synopsis, parfois jusqu’à faire des croquis préparatoires. Tenues, accessoires et décors également. C’est dans cet espace que je me sens à l’aise pour être libre et offrir également à la modèle son espace de créativité. C’est d’ailleurs cet échange qui m’enrichi chaque fois et attise ma passion !

 

Comment votre travail se différencie-t-il des autres ?

Les autres en parleraient mieux ! Disons que je cherche depuis mes premières séances à être en prise directe avec mon imaginaire attentif, rêveur, poétique… Puis j’ai eu envie de le teinter d’une esthétique graphique particulière qui mêle la photo de mode, la photo intimiste voire même la peinture. Mes mises en scène même sobres reflètent cela, comme ma façon de diriger la modèle. Mettre en scène une vérité ou donner de la vérité à une mise en scène. C’est de toute manière le plus souvent un équilibre bancal que je cherche entre douce provocation et agressivité tendre…

 

Où puisez-vous votre inspiration ?

Je me plais à dire qu’elle me tombe dessus. En fait c’est un mélange entre un rêve que je fais, une image profondément inscrite en moi et ce que je ressens de la modèle qui interprètera le rôle. Elle s’est nourrit  de la vie quotidienne, de la mode aussi et évidemment des œuvres de grands artistes qui ont construit aussi ce que je suis et mes propres images. Parfois juste d’une association d’idées ou de couleurs. De mes pérégrinations en fripes et brocantes beaucoup aussi .

 

Travaillez-vous vos photos et décrivez votre travail de post production

Je suis plutôt pointilleux à la prise de vue, c’est sûrement dû à ma formation et au fait que je travaille quasiment exclusivement en lumière naturelle. Avec le temps la post production prend de plus en plus d’importance pour moi. Jamais de grosses retouches ou morphing . J’utilise Photoshop comme une palette de peintre pour affirmer mes intentions et appuyer ambiances et émotions.

 

Quelle est votre préférence location ou studio ?

Ce qui m’inspire, un endroit fermé que l’on entrouve : petits espaces clos que je mets en lumière comme un secret dévoilé. Je travaille le plus souvent chez moi. Un mur, une fenêtre, un escalier, une porte, un puit de lumière… Je pars presque toujours de ces éléments.

 

Quels sont les endroits et les sujets qui vous interpellent le plus ?

La mélancolie. Peut-être la mienne au fond mais raconter des mélancolies, des nostalgies, des abandons. Ces solitudes sont mes thèmes favoris. Parfois teintées de noires, parfois de sensualité ou encore d’un jeu subtile entre intimité et exhibition. Je cherche à habiller de lumière la peine et assombrir ce qui étincelle. Encore cet équilibre bancal ! Ce sont les femmes qui sont toujours les actrices de mes inspirations.

 

Qu’est-ce que vous voudriez absolument photographier ?

Je ne me suis jamais posé la question ainsi. Ni pour un thème, ni pour un lieu ni même pour une modèle. Plutôt, comme beaucoup je pense,  je cherche à faire sauter les barrières entre ce que j’imagine, ce que je dessine ou vois en moi et ce que j’ose réaliser. J’ai beaucoup de bribes d’histoires, donc de futures séances en tête et j’attends que l’une s’impose à moi.

 

Quelle est la chose la plus importante que vous avez apprise au fil des ans ?

J’ai appris deux choses qui finalement se complètent. Diriger une modèle et la laisser libre ! J’ai surtout appris grâce à celles qui m’ont témoigné leur confiance et enthousiasme à OSER réaliser mes images, mes idées et suivre mes intuitions. Quel bonheur de pouvoir travailler avec cette complicité artistique et humaine !

 

Quels sont vos projets futurs ou à court terme ?

Je laisse le temps faire sans trop me projeter cependant, je veux encore davantage de portraits forts Il y a aussi cet univers que j’ai peu travaillé encore, le nu, pour lequel je cherche une expression qui me soit propre. A plus long terme, monter une première véritable exposition. L’envie est de plus en plus pressante.

 

Que recherchez-vous des modèles avec qui vous travaillez ?

Une évidente complicité artistique avant tout. Donc une personnalité sincère et du caractère, de la créativité et un esprit ouvert. La même ambition simple de passer un moment d’échange artistique et humain entre les fous rires d’essais parfois improbables et la satisfaction d’avoir réaliser un beau travail.

 

Que pensez-vous de notre nouveau magazine ?

Je l’ai découvert il y a peu de temps je l’avoue. J’apprécie  ces portraits qui permettent de faire plus intimement connaissance avec d’autres artistes photographes et modèles. Et les différents liens artistiques qui s’y rattachent d’ailleurs.

 

Avez-vous encore un message pour les modèles ?

Il est vrai que je suis peu expansif et rare sur les réseaux sociaux ou réseaux artistiques classiques. L’on m’a dit parfois que ce mystère intimide… Je suis toujours surpris par cela car je suis au fond loin de cette image un peu froide ou distante. Surtout je reste étonné que mon travail plaise et ému par les retours sur certaines images. Je veux garder cela et rester impatient de mettre en place de nouvelles collaborations !

 

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SHIRLEY

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RITA

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NESSA P

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JULIE

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LADY FREYJA

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